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Anonyme Anonymat Anonymé.... !
vendredi 30 novembre 2007, a 15:08
Ou est mon papa ? Parenthèse à mon récit, ou la culpabilité de l'enfant...

 

J'ai 32 ans.

Douze ans donc me séparent encore de mon dernier récit concernant mon père. Je n'ai toujours pas comblé de ma plume cette période, je ne sais pourquoi, j'ai du mal à écrire cet épisode 3 (voir "Où est mon Papa" partie 1 du 06/02/07 et partie 2 du 14/02/07) et ce n'est pas encore aujourd'hui que ce chapitre sera ajouté...

 

Mais d'autres parties de l'histoire à présent demandent à sortir. Des failles que j'avais enfoui très, très profondément.... Cela m'est venu sournoisement suite à un de mes rendez-vous chez le psy il y a 3 semaines je crois (avant mon opération).... Je lui parlais de certains rêves qui revenaient systématiquement depuis des mois, la série la plus présente et la plus dérangeante pour moi étant celle qui me confronte presque chaque nuit soit à un membre de ma famille, généralement ma mère, soit à mes copines d'enfance ; elles étaient trois, de la 5ème à la terminale et j'ai longtemps été parmi elle le bouc émissaire jusqu'à ce que je me révolte et m'en éloigne dès la seconde où mon caractère indépendant s'affirma clairement et me différencia irrémédiablement d'elles, psychologiquement parlant.

 

Dans ces rêves donc, que ce soit avec ma mère ou ces amies d'enfance, je me trouvais toujours empêtrée dans un conflit que je n'avais pas choisi, et je passais irrémédiablement pour la coupable de façon injuste car je n'avais à chaque fois rien fais qui méritait.... J'en venais moi-même à douter de moi et penser que j'étais mauvaise, ce qui me blessait d'autant plus profondément. Encore une fois je me sentais comme le vilain petit canard et il était impossible de prouver mon innocence ou ma bonne foi. Le sentiment d'injustice était une tel une plaie ouverte que l'on charcutait à vif, un tison que l'on imposait sur ma peau nue.... C'était d'autant plus étrange pour moi que je n'ai aucun conflit avec ma mère depuis des années, nos rapports sont très bons. Quant à mes amies d'enfance, nous nous sommes très vite perdues de vues, et pour ma part sans regrets, car elles m'avaient finalement fait beaucoup de mal et je crois bien que jamais elles ne s'en rendraient compte. Avoir fait ma vie seule et de façon volontaire de mon côté, était la meilleure réponse à donner à leurs attitudes... J'avais gagné de toute façon...

 

Quoi qu'il en soit, et ne me demandez pas le lien car je n'en n'ai absolument aucune idée, suite à ce récit mon psy me pose cette question "Vous sentiez vous coupable de l'abandon de votre père étant enfant ?"  Bah ?? Qu'est-ce-que ça vient faire là ça ??? Enfin, lui faisant confiance, je réponds tout de même "Ah non ça jamais !! Pourquoi moi je me sentirais coupable de quoi que ce soit ???".... La question m'apparût extrêmement saugrenue, et pour autant l'on a l'habitude d'entendre dire que beaucoup d'enfants se sentent coupable du départ d'un parent ou de leur séparation, autant cette notion m'avait toujours paru étrangère à mon cas...

 

En réfléchissant un peu et légèrement honteuse tout à coup je dis "Enfin je ne me sens pas coupable du départ de mon père, mais je me sens réellement coupable de l'interdiction du droit de visite que lui a imposé le juge par ma faute. Enfin dans ma tête c'est bien de ma faute puisque c'est moi qui ai répondu "correctement" aux questions du juge qui l'ont conduit à prendre cette décision, et rendant ma mère étrangement contente et fière de moi.... En me faisant creuser un peu, le psy me fait prendre conscience que ce poids là oui je l'ai toujours porté. Le pire étant que je n'ai jamais compris pourquoi ma mère m'a poussée à faire cela. Je m'en rends compte à travers toujours les questions du psy : "Mais votre père avait-il menacé votre mère de vous prendre chez lui ? Intervenait-il régulièrement dans votre vie ? Cherchait-il un contact avec vous ? Etait-il du genre imprévisible ?" ... Et à toutes ces questions ma réponse fut, c'est consternant, "NON", mon père en 3 ans n'avait pas donné le moindre signe de vie, et ces dernières actions tendaient plutôt à prouver qu'il était faible de caractère, et que dans tous les cas il ne souhaitait pas spécialement me revoir. Mais alors pourquoi ?? Pourquoi avoir fait ça, quelle était l'utilité ?? Non seulement je réalise que je n'avais jamais compris pourquoi, mais en plus, je me suis contentée de cela toutes ces années sans jamais poser la question à ma mère. Un simple "Pourquoi ? Quelle en est la raison ?"... Eh bien voilà un nouveau travail à faire à présent...

 

Mais si je vous parle de culpabilité de l'enfant dans le titre, ce n'est pas tant pour cette raison de l'interdiction de droit de visite que ce que j'ai découvert plus sournoisement, les jours et les semaines qui ont suivi... C'est toujours comme cela lors d'une thérapie, beaucoup de choses sont révélées et comprises non pas pendant les rendez-vous, mais entre chaque, grâce aux questions ou événements qui ont été soulevés pendant la séance. J'emploie l'adjectif "sournois" car cela se fait réellement à votre insu, sans que vous y pensiez ou que vous cherchiez à analyser... C'est comme si tous les fils de votre histoire se démêlaient lentement, et une fois le nœud défait, la vérité déformée et cachée par ce noeud vous apparait tout à coup, alors que vous pouvez être dans une situation des plus banales de la vie quotidienne...

 

Ce qui m'est apparût à ce sujet, ce que le fil d'Ariane a dévoilé, a fait voler en éclat ma certitude presque infantile et arrogante de ne jamais m'être sentie coupable de quoi que ce soit dans le départ de mon père. J'ai connu tant d'hommes lâches et irrespectueux dans ma vie,( j'en ai d'ailleurs certainement connu pour avoir voulu recréer inconsciemment cette première expérience d'abandon que mon père m'a fait vivre,) que je ne pouvais concevoir moi de m'être un jour sentie coupable, ayant toujours été une victime de nombreux prédateurs !!! Et pourtant, pourtant....

 

Pourtant les sentiments de mon enfance, de moi petite fille me reviennent lentement, et je me rends compte que honteuse, je les avais cachés et enfouis loin, très très loin... Je les avais presque autant occultés que le souvenir de mon frère décédé... La vérité la voici : je me suis bien toujours sentie coupable du départ de mon père. Comment ?? C'est très simple : je pensais que s'il m'avait abandonné, c'est qu'à ses yeux je n'étais pas assez digne de son amour et de son attention. Je pensais que je ne devais pas être une petite fille très intéressante, mais plutôt représenter un boulet qu'autre chose... D'autant plus que je m'entendais de plus en plus mal avec mon demi-frère et sa mère (la nouvelle femme de mon père et son fils). Même si je n'étais jamais coupable (tiens, encore un sentiment d'injustice, c'est un autre fil d'Ariane que l'on a découvert tout au long de ma vie avec le psy, mais j'en parlerai plus tard), ce demi-frère plus jeune faisait tout pour me faire gronder à sa place et s'en délectait. Je n'étais pas apte à me défendre, cela n'intéressait personne.. Du fait la situation au sein du foyer devenait conflictuelle, l'ambiance lourde, et je tombais à chaque fois malade (réaction somatique) ce qui les énervaient grandement, je devais certainement le faire exprès.....

 

Bref, pour toutes ces raisons oui c'est vrai, aujourd'hui je dois l'avouer. Je me sentais coupable de son départ, et encore aujourd'hui je me pose finalement la question. Ce sentiment est très clair maintenant, et je me souviens que je n'ai jamais osé en parler à ma mère.... Je devais être une petite fille vraiment inintéressante et insignifiante pour qu'il me laisse, et fasse place au silence dès la naissance de son autre fille. Oui, le dernier signe de vie que j'ai reçu fut le faire part de naissance, sans mot, aucune personnalisation, puis plus rien.... J'étais remplacée, et si j'étais remplacée, c'est que vraiment je ne devais pas être la petite fille qu'il désirait, et que je devais le dégouter... Donc oui j'étais bien coupable, car je n'étais pas à la hauteur de ce qu'il attendait, c'est à cause de moi s'il est parti, je n'ai pas su le retenir....

 

Voilà... Voilà comment l'on se retrouve comme des milliers d'autres personnes et d'enfants, à porter la culpabilité du départ d'un des parents. Hélas à en parler cela devient d'une banalité affligeante, et pourtant pour moi, cela résonne comme un coup de canon que je n'attendais pas. Cela m'a fait sursauter, a agressé mes oreilles à briser mes tympans, et l'écho est resté très longtemps dans l'air jusqu'à ce que je comprenne, et l'admette. Est-ce que je me sens mieux pour autant ?? Non, absolument pas. Mais peut-être cela me permettra d'engager un dialogue avec mes chers parents, et de mettre des mots sur ce qu'ils m'ont fait subir, sans doute nonintentionnellement...

 

Aussi, à tous les parents et futurs parents qui liront ce texte, s'il vous plaît, faites attention à ce que ressentent vos enfants dans les moments difficiles de votre vie de famille. Prenez soin de parler avec eux, de déceler chez eux un quelconque sentiment de culpabilité qu'ils n'ont pas à porter, et qui pourrait fortement les meurtrir dans leur chairs, parfois toute leur vie... S'il vous plaît, ne prenez pas le parti d'éluder ce dialogue, même avec les enfants très précoces. Ils vous semblent matures mais ils restent des enfants. Trop souvent et ce fut mon cas, les enfants portent tout sur leurs épaules et n'en montrent rien à fin de préserver leurs propres parents. L'on se prive de son propre bonheur pr celui de ses parents, je le sais, je l'ai fais, j'ai toujours sacrifié mon bonheur pour celui de ma mère, toujours, et aujourd'hui je lui en veux de n'avoir rien vu... Mais comment aurait-elle pu voir, j'ai joué le jeu tellement bien, les enfants sont doués pour ça, c'est en général là qu'ils deviennent des adultes avant l'heure...

 

Alors, si ce n'est que ce texte ajoute une étape à ma thérapie et m'aide avant tout moi-même dans ma démarche, il ne représente évidemment pas grand chose, pour personne. Mais s'il peut juste simplement faire poser la question à certains parents sur l'état d'esprit de leurs enfants face à certaines situations, et engager ainsi avec eux un dialogue, je crois qu'en tout les cas ça ne peut pas faire de mal... Je serai alors un peu de cette voie de l'enfance perdue avec les années, ne souhaitant qu'une seule chose, qu'ils puissent grandir dans l'amour et la bienveillance de leurs proches, sans angoisses inutiles à cet âge, sans fardeau à porter... Bref, ne leur souhaitant qu'une vie d'enfant la plus insouciante et heureuse possible.

 

 

J'envoie pour finir toutes mes pensées et gros bisous à tous les enfants qui sont encore en chacun de vous, de nous. Laissons la meilleur part de nous même se souvenir, et vivre, et rire de manière insouciante, c'est mon vœu pour aujourd'hui...

 

 

Anonyme

vendredi 02 mars 2007, a 02:57
Il manque à ma mémoire...

 

 

Autre tranche de vie, autre histoire.....

 

J'ai 11 ans.

Je vis dans un appartement situé dans ces grands immeubles des "villes nouvelles" de l'Essone. Je suis seule, comme toujours pendant les vacances. Maman est remariée pour la 2ème fois, mais elle ne veut pas dépendre de l'argent des autres, alors elle n'a pas vraiment les moyens der m'offrir des vacances loin d'ici. Je n'en souffre pas, étant à la base enfant unique de parents divorcés lorsque j'étais très jeune, je suis habituée à la solitude. De plus, mon beau-père nous a offert l'un des tout premiers magnétoscopes existants sur le marché ce qui pour l'époque n'était pas banal. Je suis devenue très vite une accroc de vidéos et je passais mon temps à ça en télévore addict qui se respecte.

 

Mon beau-père a 2 enfants, bien plus âgés que moi, ils ne vivent pas avec nous. Une fille de 10 ans mon ainée avec qui je n'ai que très peu de liens. Je ressens sa jalousie à mon égard pour son père qu'elle adule come un Dieu. Le plus ettonant c'est que son père et moi n'avons jamais été proches, enfin pas jusqu'à mes 22 ans, bien au contraire... Bref, il a aussi un fils àl'époque âgé de 17 ans. Lui je l'aime beaucoup. Il est gentil, souriant, Maman laime beaucoup aussi. Mais je ne le connais pas très bien je crois, pourtant cela fait déjà quelques années.... Enfin je ne sais pas. C'est bizarre....

 

Je ne sais quel jour nous sommes, mais il fait beau ça j'en suis certaine. Peut-être est-ce les vacances de Pâques...? J'attends le retour de Maman avec impatience. Comme tous les soirs. C'est un des rares moment où je peux me retrouver seule avec elle, et partager un peu de douceur. Et bien oui la vie est très dure depuis l'arrivée de mon beau-père. Il est dur, distant, il crie toujours même quand il ne fait que parler. Ces derniers temps il me gronde tous les jours pendant le dîner, et moi je ne comprends pas. Alors je commence à pleurer, puis comme chaque soir je ne tiens plus je me lêve de table pour aller pleurer seule dans ma chambre. Je n'aime pas la vie depuis qu'il est chez nous. Il est njuste et maman ne fait jamais rien pour me défendre, je suis tellement triste. Alors je fais semblant d'aller bien car je comprends que c'est ce que tout le monde attends de moi, et puis je ne veux pas que maman ait de la peine... Il n'y a que mon "Grand-frère" il me semble que j'aime vraiment à cette époque là..... Enfin il me semble, c'est flou je n'arrive pas à bien me souvenir....

 

Donc ce soir encore j'attends ce moment privilégié avec elle. J'entends la serrure. Mince elle rentre drôlement tôt !! Je n'ai même pas tout rangé et j'ai mis du désordre partout !!! Je me précipite au devant d'elle comme quelqu'un pris en faute et qui veut donner le change, espérant créer une diversion pour me donner le temps de ranger vite fait et ne pas me faire gronder. Maman n'aime pas quand c'est le bordel, et d'après elle je suis une "hyper-bordélique", je crois bien qu'elle a raison...

Donc j'accoure, mais c'est bizarre, elle n'est pas comme d'habitude. Je sens tout de suite que quelque chose ne colle pas. Je lui demande si tout va bien mais elle pretexte un mal de tête et une grosse fatigue. Alors moi, toute contente d'y voir une occasion de gagner du temps pour trouver une solution et cacher mon désordre sans qu'elle ne voit rien, et aussi parceque je veux aider ma mère, je lui propose d'aller chez notre médecin de famille qui par chance consulte dans le même immeuble. Elle accepte . Wouaouuu c'est moi qui ai proposé ça comme une grande et ma mère accepte mon conseil !! Je me sens très fière et si heureuse de pouvoir prendre soin d'elle. Alors je mets ma robe préfêrée, rouge et grise, je l'aime parceque quand je tourne, elle se soulève et fait comme des pétales autour de ma taille... Mais maman change d'avis, elle est vraiment étrange ce soir, elle me dit de venir dans le salon avec elle ,elle a quelque chose à me dire...

 

Elle est assise sur notre vieux canapé en velour beige.  Elle voit le désordre mais elle semble s'en ficher complêtement. Je reste debout devant elle. Je sens que quelque chose de grave se prépare mais je ne veux pas y croire. Je la vois chercher ses mots, puis d'une voix douce elle me dit "on ne verra plus Nano".. Heu qui c'est Nano ? Pourquoi ne verra t-on plus ce Nano ? Qui c'est Nano ? Je lui demande, comme si je refusais de comprendre. "Tu sais bien qui est nano ma chérie, yannick, ton grand frêre". Mais là encore je ne comprends pas. Pourquoi, il est parti ? Il ne veut plus nous voir ? Il est fâché ? Quoi ??? Et là le couperet tombe... "Il a eu un accident de voiture, un camion les a percutés......." Je sais qu'il y avait d'autres mots ensuite dans sa phrase, mais je ne les ai pas entendu, c'était inutile, j'avais compis. Aussitôt je me suis effondrée sur elle en pleurant de douleur comme ça ne m'était jamais arrivé avant. Je pleure je pleure je pleure je ne peux plus m'arrêter. Mais pour autant je ne comprends pas très bien ce qu'il se passe, mais j'ai tellement mal, ça j'en suis sûre... Je me fond dans les bras de ma mère, et je crie, je pleure si fort, si fort...... maman pleure aussi je crois, mais jai du mal à me souvenir. Nous restons comme ça bien une heure..... Puis je me calme, j'essuie mes larmes, je me lève. Je vais chercher du papier et des crayons dans ma chambre, je m'installe sur la table du salon, et je me mets à dessiner.... Maman un peu surprise et inquiète me demande "ça va ma chérie ?". Et je lui réponds avec un gand sourire, "ben oui maman ça va très bien pourquoi...?" Je ne me souviens plus du reste, et je n'en nai plus jamais reparlé...

 

Quelques jours se sont passés. Je suis au travail de Maman, enfin il faut savoir que dans ma famille, presque tout le monde travaille ensemble. Même si je m'ennuie souvent j'aime aller là-bas, c'est comme ma maison. Maman discute avec une collègue. C'est étrange cette façon qu'ont les adultes de parler de vous comme si vous n'étiez pas dans la même pièce. Je sens bien qu'ils parlent de la mort de mon demi-frêre, et j'entends la collègue dire "Oh mon Dieu la petite ?? Comment a t-elle réagit ?" Mais pourquoi ce serait dur pour moi ? Je ne connaissais pratiquement pas ce grand frêre, non je ne crois pas que nous nous soyons beaucoup fréquentés, et puis on a jamais vécu ensemble. Je ne comprends pas.... Je me souviens juste que quelques heures après je dis à Maman : "Je ne veux pas aller à l'enterrement", ça m'a fait mal de dire ça mais je ne sais pas pourquoi, je ne me sentais pas la force d'affronter ça. Maman me réponds que si c'est ce que je veux il n'y a aucun problème. Là encore, bien que soulagée, sa réaction me surprend.

 

Après ça, hormis quelques faits ponctuels, je n'ai plus jamais parlé de lui, je crois que je n'y ai pratiquement plus pensé, après tout je ne le connaissais pas.... Une fois seulement je me souviens que j'ai dis à une copine d'enfance à son oreille (parceque maman était là et je savais qu'elle m'envoyait en vacances chez eux à cause de cet évênement), un peu nerveusement et en explosant de rire que mon demi-frêre était mort. Elle m'a dit sans rire 'oui je sais". Puis je n'en n'ai plus jamais reparlé...

 

Tout au long de mon adolescence l'on me posa parfois quelques questions sur ce frêre que je n'avais pas connu, à chaque fois j'avais beau fouiller dans ma mémoire mais rien ne venait, je suppose donc que je ne l'ai réellement pas connu...

 

J'ai 18ans,

Comme tous les étés je passe un mois de vacances à travailler dans l'entreprise familiale. Nous tenons la caisse ma mère et moi ce qui fait que tous les jours nous passons plusieurs heures seules toutes les deux. Nous discutons beaucoup, j'apprends du fait énormément de choses, parfois tragiques, sur sa vie, sur nos vies... Elle doit certainement considérer que je suis en âge de "savoir" et le moment propice....

Un matin, une palette de fruits se renverse devant la caisse (nous travaillons sur le MIN de Rungis dans les fruits et légumes), et là ma mère me dit. Ah tiens ça me rappelle un super souvenir à propos de toi et ton frère !! Hein ??? Mais qu'est-ce qu'elle raconte ? Quel frêre ? Ah Yannick ? Mais je l'ai à peine connu...

 

Là elle me dit "Comment tu peux dire ça ??!" Hein ?? mais qu'est ce qui lui prends je ne dis que la vérité. "Ton frère et toi vous étiez comme les 2 doigts de la main". Alors là c'est trop pour moi, de quoi elle parle ?? Je n'aime pas ce qu'elle est en train de dire, mais je veux aussi en savoir plus, je la laisse continuer. "Vous étiez tout le temps fourrés ensemble dès que cétait possible, il s'occupait vraiment bien de toi. Cette histoire de palette par exemple : un jour Il a renversé toute une palette d'abricots en travaillant, et toi tu t'es précipitée vers moi absolument esclaffée de rire en te moquant de lui : maman maman Nano il a fait une grosse bêtise il a tout renversé. Et lui rentrant dans ton jeu faisant semblant d'être vexé. Alors tu t'es sentie tellement coupable que tu t'es précipitée pour l'aider à tout ramasser, vous étiez si bien ensemble...."

 

Je ne peux en écouter davantage, mais pour autant elle continue et je ne dis rien. Je suis paralysée, je ne comprends pas très bien ce qu'il m'arrive. Elle me raconte tout un tas d'autres anecdotes, me dit combien elle était heureuse de voir comme il m'aimait et s'occupait de moi tout le temps. Il était très prévenant avec elle et moi, ce que sa soeur n'a jamais fait bien au contraire. Bref, à l'entendre on jurerait que j'étais vraiment sa petite soeur et que je l'aimais plus que tout. Mais je ne peux y croire, je nai aucun souvenir de cela. Je me tais comme si j'en avais honte. Toute la journée j'essaye de fouiller dans ma mémoire, mais rien, absolument rien ne sort. Pourtant j'ai tous mes autres souvenirs de cette époque, je me souviens de tout le reste, 11 ans ce n'est pas un âge trop éloigné pour que j'oublie à ce point. Non rien à faire, je me souviens de tout sauf de lui...

 

Alors pendant des années, je cherche, je regarde des photos. Je sens bien quand je vois son visage qu'il y a quelque chose qui nous lie, mais c'est peut-être aussi bien mon imagination... Ma volonté de vouloir à tout prix y retrouver ce lien qui n'existe plus pour moi.

Depuis je suis très perturbée. Je crois avoir réglé tout ce que javais à régler avec ma famille, même avec mon père dont il faut encore que je raocnte la fin de l'histoire d'ailleurs. Mais ça, ce seul point là, je n'arriverais jamais à le percer à jour et à le résoudre, et c'est plus qu'une frustration, c'est un crêve coeur infini.... Plus le temps passe, plus je vieillis et je sens cet amour pour lui monter en moi, mais pour autant les souvenirs ne reviennent pas. Ai-je tout éludé consciemment pour ne pas souffrir , pour me protéger, comme ça en quelques secondes ? C'est ce qu'un psy un jour a voulu me faire comprendre. Oui sans doute, ce serait logique, mais n'est ce pas aussi juste un argument pour me rassurer ? Peut-être ne l'aimais-je pas assez fort ? Je ne sais plus

 

J'ai eu ce que je souhaitais le plus au mon dans cette période de ma vie où tut était moche : un grand frêre qui m'aimait et prenait soin de moi, et au comble du malheur je n'en n'ai absolument aucun souvenir, pour moi cela n'a jamais existé. Ca me fait mal, ça me fera toujours mal et hélas je crois que je ne trouverais jamais les réponses à ces questions là, sauf que lorsque j'ai eu 11 ans, mon demi-frêre de 17 ans s'est tué dans un accident de voiture, la pluie battait très fort, la nuit, ils ont été percutés par un camion. So ami qui conduisait n'a rien eu. Lui, passagé, s'est vu ejecté de la voiture par le pare-brise avec la force du choc, je ne sais pas s'ilavit sa ceinture ou non. Parait-il qu'il est mort sur le coup et qu'il n'aurait pas souffert.....

 

C'était le seul lien positif de cette famille, le seul qui tempérait tout et tout le monde et semblait pouvoir faire de nous une vraie famille, mais il est mort. Sans lui nous avons bien mis 15 ans avant d'y arriver et d'être vraiment tous unis.....

 

Il me manque. Je ne le connais pas mais il me manque intrassèquement, au plus profond de moi, une déchirure. Mais hélas et c'es mon plus grand malheur, il manque aussi et surtout .....à ma mémoire !!!

 

mercredi 14 février 2007, a 04:47
Où est mon Papa ? (partie 2)

 

J'ai 20 ans.

Je retrouve mon père chez lui, dans sa maison. Heureusement pour moi, peut-être même pour nous, sa femme et sa fille (étrange pour moi d'écrire "sa fille", ce la me fait penser que je ne me considère moi-même réellement pas comme la sienne) sont en vacances. Je n'aurais pas souhaité les rencontrer pourle moment. Sa femme car je n'en n'ai avec le recul que des mauvais souvenirs et mon inconscient me dit qu'elle est responsable de beaucoup de mes maux dans cette situation. Et concernant "ma soeur", ma petite "demi-soeur", je suis trop soucieuse de son bien-être pour oser prendre le risque de la perturber, car je ne sais absolument pas ce qu'elle connaît de mon existence. Dans le doute, s'abstenir...

 

Sa maison, en Provence, est vraiment jolie et agréable. Un grand jardin et une piscine, c'est assez surprenant pour moi qui n'avait pas l'habitude de voir mon "papa" dans ce genre d'environnement auparavant. Mais il me fait bien vite comprendre que tout ceci ne lui appartient pas, que c'est sa femme qui a "de l'argent". Même si je ne suis pas surprise du fait car je me souvenais d'elle comme quelqu'un de très intéressée, je trouve la remarque étonnante pour un "mari". Cela indiquerait-il une connotation négative concernant leur couple ? Je ne pose pas de questions, et à vrai dire je n'ai aucune envie d'entendre parler d'elle. "Papa" (encore aujourd'hui j'ai du mal à prononcer ce mot) me dit qu'il a reservé une table dans un restaurant sur la coupure des eaux à L'îsle sur Sorgue, je suis enchantée et me sens touchée qu'il m'invite dans ce genre d'endroits pour nos retrouvailles.

 

Nous buvons quelque chose de frais auparavant et commençons à discuter de la vie en général. Il me demande surtout ce que je suis devenue toutes ces années, mon parcours, si je travaille, etc... Je n'en reviens pas de cette discussion assez anodine mais surtout, sans malaise, comme si on ne s'était jamais vraiment quittés, enfin en tout cas pas pendant 10 ans. Je n'aurais jamais pensé que cela puisse être si simple. Mais ça l'est et j'en profite, même si je suis toujours intimidée il faut bien l'avouer. Le plus perturbant, c'est de se parler comme à des gens proches puisque nous sommes "en famille", de façon donc familière, alors que nous ne nous sommes jamais fréquentés avant et que je n'ai jamais eu ce genre de discussion "d'adulte" avec lui. C'est vraiment bizarre... Je reconnais sa marque de cigarettes, il n'en n'a pas changé depuis toutes ces années, ce n'est pas une marque très connue et c'est d'autant plus présent dans ma mémoire. Je lui fais remarquer ainsi qu'une anecdote : un petit cadeau que je lui avais offert enfant, une boite en métal pour ranger son paquet que j'avais trouvé à l'éffigie de sa marque de cigarettes. Il n'en n'a pas le souvenir, je suis un peu déçue....

 

Nous sommes au restaurant, en terasse, c'est formidablement agréable. Le temps est magnifique, une petite brise nous rafraîchit, et je suis en fàce de ... mon Père, de mon papa que j'ai attendu toutes ces années. Jai 1000 questions à lui poser et en même temps je n'ai envie que de parler de banalités et de prendre la vie comme elle vient. Je n'ai pas envie de me gâcher ce moment. Physiquement je suis assez surprise, non que je ne le reconnaisse pas, mais mes yeux de petite fille le voyaient plus grand, moins maigre. Néanmoins il s'agit bien de lui, et son odeur qui restait ancrée dans mes souvenirs est toujours la même, je ne l'avais pas oubliée.... C'est étrange la mémoire des odeurs, c'est totalement abstrait et néanmoins très vivant et fiable. Je remarque un détail dont je n'avais absolument aucune idée ni aucun souvenir, il a les yeux verts. La forme de ses yeux n'est pas particulièrement remarquable, mais leur couleur.... Un vert émeraude comme rarement j'en ai vu dans une vie, j'aime beaucoup. moi qui ai toujours rêvé d'avoir les yeux verts (les miens sont un mélange clair de chatain, de vert, et de gris) je m'aperçois que mon géniteur aurait....tout de même pu me donner cet atout ;-p.

 

Nous parlons beaucoup de la famille. jusqu'à ce qu'il en vienne à me poser une question qui lui brûle les lêvres je le ressens : "comment va ta mêre ?" Je perçois alors dans son regard une lueur incroyable, je nai jamais vu ce genre d'expression chez une personne de cet âge. Chez personne tout simplement d'ailleurs. Plus je lui parle d'elle plus cette expression s'intensifie, il en vient à avoir même les larmes aux yeux, mais se garde bien d'en laisser couler ne serait-ce qu'une seule. Et soudain je comprends : mon Dieu, après tout ce temps, toutes ces années, presque une nouvelle vie passée, mon père est encore amoureux de ma mêre. C'est réellement... magnifique et perturbant à la fois, et je réalise toute la portée de ce que cela signifie pour lui à ce moment de sa vie : la conscience qu'il ait perdu la seule et unique femme de sa vie et qu'il l'aimera sans espoir à jamais. Je suis bouleversée, je me sens fière et triste en même temps de cet état de fait.

 

Le repas terminé nous décidons de nous promener dans L'isle sur Sorgues, c'est vraiment une petite ville magnifique, ou alors est-ce moi qui  en fait un endroit magnifique pour le relier à ce moment si magique de ma vie.... Nous passons 2h comme cela, à un moment même bras dessus-bras dessous, quelle étrange sensation. Envie de retrouver les mêmes gestes et attitudes avec mon papa de quand j'étais petite fille, et en même temps sentiment que cela ne peut être si naturel car je n'ai pas senti le contact de ses mains et de ses bras depuis tant d'années. Cela peut-il revenir de la même façon ? Cette question va malheureusement trouver une réponse bien difficile et inatendue à gêrer.....

 

Nous retournons chez lui, afin de profiter de cette fin d'AM près de la piscine, tranquilles tous les 2. Evidemment je n'ai pas de maillot de bain, alors il cherche à me prêter un de ceux de sa femme. Evidemment ne nous faisons pas dutout la même taille. A l'époque je suis particulièrement fine, et je n'ai jamais eu une grosse poitrine. Hors sa femme est tout le contraire de moi. Il arrrive à me trouver une culotte de maillot de bain, mais pas de soutien gorge. Il me demande si cela me gêne, mais je m'en fiche, je ne suis absolument pas pudique, et surtout il s'agit de mon père.... J'ai été elevée par mon père et ma mère dans cette absence de pudeur et je ne les en remercierait jamais assez !! A la maison, on se promenait tous "à poil" sans aucun souci, c'était quelque chose de naturel et sain, sans équivoque. Cela m'est resté ma vie entière, et je dois bien avouer que cela facilite bien la vie de se sentir assez à l'aise dans le plus simple appareil dans les relations amoureuses, ou même dans les diverses activités sportives ou autres interractions de ce type avec le monde extérieur. La pudeur est un fardeau bien lourd à porter parfois pour les gens, ce n'est pas rendre service à un enfant il me semble que de se cacher de lui et le plonger dans cet etat d'esprit. Evidemment je ne parle pas d'aller dans les extrêmes, et il faut respecter les choix de l'enfant à ce niveau, mais il est important je crois de rendre cela naturel.

 

Je dévie un peu du sujet mais vous allez très vite comprendre pourquoi...

Mon Dieu j'ai beaucoup de mal à continuer sur cette partie de l'histoire. Avant de prolonger cette lecture il vous faut savoir que cela fait 2 jours que je remets eu lendemain ce passage que j'ai du mal à écrire. Cela ne m'est pas vraiment douloureux mais, stressant, un peu angoissant...

 

Mon Père a préparé deux chaises longues sous un arbre, le soleil tape très fort en Provence l'été et c'est en général difficile de rester dessous en plein après-midi. Avant de nous allonger nous faisons un petit plongeon dans la piscine. C'est agréable.... Je lui avais dis que ce n'était pas grave mais finalement je ne me sens pas si à l'aise que ça les seins nus. Mais pourquoi ça n'est réellement pas mon habitude d'être gênée de ce fait. Je sens son regard "d'homme" sur moi, mais je veux me convaincre que ce n'est que le regard d'un père peut-être fier d'avoir une fille qui a tant grandi ? Nous nous allongeons côte à côte sur les chaises longues, nous parlons beaucoup, c'est étrange mais je n'ai absolument aucun souvenir de la conversation, rien de toute l'après midi excepté ceci : à un moment il tend sa main et la pose sur mon bras, je suis heureuse car je me dis qu'il recommence à retrouver des sensations naturelles et veut simplement retrouver un contact charnel "père-fille", enfant, moi et mes parents etions tous très tactiles entre nous pour tout ce qui était élan de tandresse, bisous et calins. Fait étrange aujourd'hui je suis incapable de reproduire cela avec ma mêre, autant je l'adore, autant il m'est quasiment impossible de la toucher hormis pr l'embrasser. Même pour l'enterrement de ma grand-mêre je me souviens, j'ai été incapable de la prendre dans mes bras. Je suis toujours quelqu'un de très tactile.....sauf et surtout avec elle, c'est très étrange la vie...

Bref, nous passons un moment comme cela sans bouger, quand un peu plus tard sa main se rapproche et parcours mon épaule, pour finir su mon sein droit..... Je suis tétanisée, je ne sais pas comment réagir. Dire que je suis dégoutée serait faux, mais complêtement déroutée et extrêmement mal à l'aise forcément. Il me dit "ça te gêne", et je m'entends répondre comme si ce n'était pas moi qui parlait, comme si je me regardais de l'extérieur "non tu es mon père, tout cela t'appartient c'est naturel". Pourquoi est-ce que je réponds ça ??  Cela a longtemps été un drame pour moi de ne pas comprendre ma réaction, mais je saurai l'expliquer plus tard, bien plus tard..... Cela ne va pas plus loin, mais il reste comme ça un bon moment à me caresser légêrement, pas avec envie non, mais juste caresser. Je me dis qu'un père peut faire sa à sa fille comme il ferait une papouille dans le cou, un calin, ou une caresse sur la joue.... Je ne sais pas en fait, je nai pas appris. Comment se passent les relations tactiles entre un père et sa fille à l'âge adulte ?

 

Vient l'heure du départ, rhabillée et assise sur une chaise, je le sens derrière moi mettre ses mains sur ma nuque, mes épaules et à nouveau les descendre au niveau de mes seins, sous mes vêtements. Je ne bouge pas, je fais comme si de rien n'était, comme si cela était naturel. Mais au fond de moi je suis partagée Je sens bien que cela n'est pas naturel et je ne suis plus si sûre que cela soit "normal", mais je n'arrive pas à l'en empêcher ni même lui dire. J'ai envie d'aimer mon père, de lui donner mon amour de grande fille à présent et surtout ne pas le blesser. Je laisse faire.....

 

En partant il me serre dans ses bras, et là déjà je me sens mieux car cela a un autre sens pour moi. Et malgré tout ce malaise je n'ai pas envie de partir, pourquoi ? Il me propose de revenir le lendemain après-midi(j'ai oublié de préciser qu'il travaille en partie de nuit et donc se libêre tôt chaque jour) et c'est avec joie que j'accepte. J'ai vraiment envie de revenir, j'ai vraiment envie de passer du temps avec lui. Est-ce mal de penser ça ?

Le lendemain donc je reviens toute heureuse. Nous discutons au départ à l'intérieur de la maison, il me montre des photos et des vidéos de ma petite soeur. C'est étrange de constater, moi qui ne ressemble à personne dans ma famille, qu'il y a quelque chose dans ses traits qui rappelle mon visage.

Nous nous asseyons sur le canapé, il me prends dans ses bras, je suis heureuse que mon "papa" me fasse un calin, ce calin que j'attends depuis si longtemps. Il m'explique que ma petite soeur est très sauvage et absolument pas tactile, et que cela lui a beaucoup manqué... Mais à nouveau je ressens cette sensation bizarre que la chose n'est pas si naturelle et normale que cela.

 

Re-piscine. Cette fois j'ai amené mon maillot de bain et donc aucun problème de poitrine dénudée. Mais cela ne l'empêche pas de poser ses mains dessus, sans insistance aucune, mais dessus simplement. Je ne réagis toujours pas. C'est comme si cela m'était impossible. Je fais totale abstraction de ce "détail physique" pour m'attacher au reste. S'en suit une après midi normale de discussion et calins...Ohhh rien que de l'écrire je me rends compte que ce n'est pas le bon contexte pour mettre un père et une fille en situation n'est-ce pas ? Oui je le crains hélas. Mais à l'époque je ne veux pas le voir. Je ne veux pas perdre mon papa à nouveau. Je m'en vais à la fin de journée, il ma offert un cadeau, une montre, assez jolie, pas un bijou précieux mais mais avec beaucoup de valeur sentimentale c'est certain. J'ai senti dans ce geste qu'il aurait voulu y mettre à l'intérieur tous les cadeaux et les attentions qu'il n'a pas pu (ou pas voulu?) me donner toutes ces années et ça me suffit.  Nous nous disons"au'revoir longuement".

 

Tout le chemin du retour dans ma voiture je suis complêtement perdue. Heureuse et majheureuse, enchantée et confuse, fière et honteuse, et je m'aperçois dans tout cela que je n'ai posé aucune des questions qui m'ont hantée toutes ces années, pas une seule, je n'ai finalement aucune raison du "pourquoi" de cette absence, je n'ai pas cherché à savoir.... Les questions reviennent alors, avec en plus ce malaise de ne savoir ce que je dois penser de sa façon de me toucher... Je m'éloigne du sud pour remonter sur Paris avec ses idées là...assez embrumées, aussi grises que la capitale les jours de mauvais temps.....

 

(suite prochainement)

mardi 06 février 2007, a 06:44
Où est mon Papa ? (Partie 1)

 

 

J'ai 3 ans.

Il fait nuit dehors je le vois à travers les fenêtres. C'est le soir où le matin ? Je ne me souviens plus très bien? Il se passe quelque chose à la cuisine, à moitié endormie je cherche mon Papa, j'ai envie d'un calin... Mais je me stoppe net devant une situation que je ne comprends pas. Maman pleure en silence dans la cuisine, je le vois bien. Ma pauvre maman, je crois qu'elle s'est fait bobo au doigt en refermant mal cette grande fenêtre que je n'ai pas le droit de toucher. Maman je ne veux pas que tu pleures, jai peur. Mais mon Papa est là, il la prends tendrement dans ses bras, je ne l'avais jamais vu faire ça, sauf avec moi... Mais Maman tu vas aller mieux alors, mais... mais alors, Maman pourquoi pleures-tu encore...?

 

J'ai 4 ans.

C'est la journée là j'en suis sûre. Mon papa est là assis dans le salon, je le trouve bien habillé. D'habitude pour rester à la maison il est toujours debraillé, en peignoir à moitié ouvert c'est sa tenue préfêrée. Mais pourquoi es-tu si bien habillé Papa ? Oh, tu m'as acheté un vélo ?? Oh merci Papa chéri, il a les 2 petites roues arrières comme ça je ne tombe pas, et puis dans l'appartement c'est pas grand. Maman prend une photo de moi sur le vélo. Je suis fière, c mon papa qui l'a acheté ! Papa et maman sont bizarres, on dirait qu'ils sont contents d'être ensemble mais c'est pas comme d'habitude, papa appelle maman "chérie", mais pourquoi Papa est si bien habillé ? Mias Papa s'en va, je me rends compte qu'il était en visite, mais pourquoi ? Mon papa n'habites plus là ?

 

J'ai 5 ans.

Je suis dans un salon que je ne connais pas, c drôle la chambre et le lit sont dans le salon. Mon Papa est là, je crois que c'est son nouveau "chez lui", alors je viendrais là maintenant je crois, pour voir mon Papa. Ca ressemble à chez Maman, mais cest plus petit, mais c'est pas loin je crois, c'est la même ville.  Je suis toute seule avec mon Papa, c'est drôle un peu mais j'aime bien car il s'occupe de moi, il n'est là que pour moi et c'était pas comme ça avant. C'est bizarre. Papa me fait son menu préfêré, le seul qui connaît ? Je crois que j'ai déjà mangé pareil y'a pas longtemps avec lui, oui c'était dans le même endroit. Des oeufs à la coque et des ptits suisses aux fruits.  Encore une fois j'en mets partout, en plus je crois qu'on a pas de table et qu'on mange sur le lit, c'est rigolo. En tout cas on s'amuse beaucoup tous les deux. Vivement que je revienne !

 

J'ai 7 ans.

Je ne suis plus jamais revenue chez Papa, mais pourquoi ? Aujourd'hui mon Papa m'emmêne chez des gens nouveaux. Il y a une dame qui a l'air gentille, les cheveux noirs, un peu grosse, mais très jolie, elle n'est pas dutout comme ma maman, et un garçon de presque mon âge c'est son fils. Mais pourquoi est-on là Papa ? Pourquoi n'est-on pas tous les deux ? Ils doivent être très amis car ils se parlent comme s'ils se connaissaient très très bien. On passe toute la journée ensemble et on se ballade en voiture. Je trouve que tout est bizarre. Le garçon est gentil je crois, mais bon je préfêrerais rentrer chez moi. Je fais semblant de dormir dans la voiture derrière, parceque j'ai pas envie de parler et d'écouter, y'a trop de bruit et mon papa n'est pas comme d'habitude. j'ai pas eu de calin de toute la journée. Papa vérifie si je dors ou essaye de me réveiller je sais pas. J'ai ma malette avec mes secrets dedans dans ma main, il essaye de la prendre, mais je la tiens ferme. C'était bien ça que je devais faire pourqu'il croit que je dors ? Je n'aime pas cet endroit. La journée est passée, et Papa me dit tu t'es bien amusée ? Je réponds oui parceque je ne veux pas faire de la peine à mon Papa, alors il me dit, je suis content alors tu voudras bien les revoir.....

 

J'ai 8 ans

Un week-end sur deux je vais voir papa et cette Dame et son fils. Je n'aime pas aller là-bas. Son fils est méchant avec moi, mais c'est toujours moi qui me fait disputer parceque je suis la plus âgée. Je n'aime pas être ici. Papa ne s'occupe plus de moi. Il me dispute c'est tout et regarde mes notes. Il est sévêre. J'ai peur de mon papa maintenant. Plus jamais il ne me fait de calins. Je ne me souveins plus ce que ça fait d'être dans les bras de papa. Mais je me souviens de son Odeur, ça oui c'est toujours la même. Papa a remis son Peignoir, et le porte très souvent, il est chez lui ici alors. Je n'aime pas cet endroit, mais je ne le dis pas. Tout le monde semble content alors je ne dis rien. Moi je suis malheureuse, et le garçon est si méchant. Vivement que le Week-end se termine et que je rentre chez Maman.

 

J'ai 9 ans.

Je passe les vacances chez Mamée, la maman de Papa. J'adore ma Mamée. Ca fait déjà plusieurs fois qu'on y va tous ensemble, avec le garçon toujours méchant. On va tous les après-midi à la piscine, là où il y a des chevaux, j'adore être là. Le garçon est encore méchant, il me pousse à bout et quand enfin je rétorque c'est moi qui me fait disputer. Papa sort de la voiture quand on arrive aux chevaux, et il me donne une énorme claque sur la cuisse. J'ai mal, papa tu m'as fait mal. J''ai envie de pleure car c'est tellement injuste. J'ai la marque entière de la main de Papa, toute rouge sur ma peau blanche. Mais je ne pleure pas, car le garçon me regarde et n'attends que ça pour se moquer de moi.

 

Papa est très bien habillé aujourd'hui, il est en costume beige, il est beau. Elle aussi est jolie, toujours un peu grosse mais belle comme dans les films, elle a une robe blanche en dentelle qui lui laisse ses épaules dénudées. Papa se marie avec elle aujourd'hui. Moi, moi je suis en robe blanche aussi. Est-ce que je suis jolie ? Dis Papa ? Je ne sais pas il ne me l'a pas dit. Mamée aussi a une belle robe, légêre et le tissu est un peu comme les animaux d'Afrique. Les léopards ? Oui je crois que c'est ça. mamée a toujours aimé bien s'habiller. Nous allons au restaurant, il y a une piscine. Mais on fait trop de bruit un Monsieur nous dispute. Alors Papa nous gronde aussi. Je n'aime pas cette journée, je veux rentrer chez Maman. Et puis jai mal dans la gorge. Je suis toujours malade quand je reviens de chez Papa, c'est Maman qui le dit.

 

Je suis de retour de vacances, le femme de Papa m'appelle au téléphone et me dit "si tu n'es pas bien avec nous, si tu ne veux plus venir chez nous il faut le dire". Qu'est ce que je dois répondre ? Je n'aime pas faire du mal aux gens, je ne veux pas blesser Papa, et puis j'ai été bien élevée. Je voudrais hurler "Je ne veux plus jamais retourner chez vous, et ton fils est trop méchant avec moi j'ai peur toujours quand je viens chez vous" Mais je ne dis rien, je dis que tout va bien et je suis toujours contente de les voir.

 

Un autre jour  Papa et Maman se disputent au téléphone, maman me laisse prendre l'écouteur. Ils sont si méchants l'un envers l'autre. Comment peuvent-ils se crier dessus comme ça. Je pleure et m'enferme dans ma chambre. Maman vient me voir, et m'explique que Papa n'a pas toujours été gentil avec elle. Qu'il allait voir d'autres femmes, n'était jamais à la maison, qu'il volait de l'argent dans la caisse de mon grand-père quand ils travaillaient tous ensemble, qu'il buvait beaucoup. Je pleure mais ne dis rien. Pourquoi Maman me dis-tu toutes ces choses horribles sur Papa ? C'est mon papa, pourquoi dis-tu du mal de lui ? Je ne sais plus quoi penser, je suis perdue...

 

 

J'ai 10 ans.

Cela fait longtemps que je n'ai pas vu Papa. Il me manque mais je préfère être là que chez sa femme. J'ai reçu un courrier, à mon nom. Pas au nom de maman, non à mon nom à moi ! Je l'ouvre, c'est une belle carte. Ah, en fait c'est un faire-part. Ma demi-soeur est née. Papa a eu une autre fille avec cette femme. Papa a une autre fille, il n'a donc plus besoin de moi.... Pas de mot sur ma carte rien, juste la naissance, c'est tout.

 

J'ai 13 ans.

Je ne vois plus jamais "mon père". Maman m'emmêne dans un endroit immense, comme un énorme Palais. C'est un Tribunal il paraît, c'est très impressionnant. Maman m'explique que je dois "passer devant le juge pour  faire interdire le droit de visite de mon père". Mais moi je ne veux pas lui interdire de me rendre visite. je ne veux plus aller chez lui mais je ne veux rien lui interdire. Pourquoi je dois faire ça, ce n'est pas moi qui veut ça alors pourquoi je dois faire ça ? Je rentre dans un petit bureau, je suis rassurée je m'attendais à une cour comme dans les films. Le juge est une dame. Ni gentille ni méchante, juste là à poser des questions. Ma mère ne doit pas être avec moi, je me retrouve seule devant cette femme.  Je suis intimidée et mal à l'aise. "Quand as-tu vu ton père la dernière fois ?" "Mais je ne le vois plus depuis 3 ans Madame". "Est-ce qu'il t'appelle ? As-tu des nouvelles ?" Mais pourquoi je dois lui dire ça, Ma mère ne lui a t-elle pas expliqué? "Non Madame, la dernière fois que j'ai eu des nouvelles c'était pour m'annoncer la naissance de sa fille par une carte. Depuis rien, pas un coup de fil, pas une carte, rien dutout, je n'ai aucune nouvelle depuis 3 ans"... Mon père m'aurait-il abandonnée totalement ?

Je ressors et reste seule un moment. Maman me rejoignant elle a l'air satisfaite. J'ai réussi. J'ai réussi ? Réussi quoi ? A faire interdire le droit de visite à mon père ? Mais alors, c'est moi la responsable ? l va penser que c'est moi qui ne veut plus de lui, qui ne veut plus le voir. Est-ce la fin ? Je n'ai plus de père ça y'est ?

 

J'ai 16 ans.

Suite à une forte dispute avec mon beau-père qui s'est permis de me dire"si t'es pas contente tu vas voir ton pêre" alors que je n'ai aucune nouvelle de lui depuis 6 ans... Suite à ma révolte subite et tous les coups que j'ai reçu en conséquence de mon insolence inhabituelle, je fais une fugue dans la nuit. Peu importe ce quil s'est passé. Mais quand je suis rentrée 8j après, ma mêre m'explique qu'elle a appelé mon pêre pour le prévenir, pensant que je pourrais essayer de le rejoindre. Soit disant sa femme qu'elle a eu a été compréhensive et a dit qu'elle s'occuperait bien de moi si cela arrivait. Donc mon père sait que j'ai fugué et pourquoi. Pour autant, il n'a jamais demandé plus de nouvelles, il n'a jamais appelé ensuite. Ne serait-ce que pour savoir si j'étais enfin rentrée à la maison et si j'allais bien, s'il ne m'était rien arrivée.

 

J'ai 20 ans.

10 ans que je n'ai pas vu mon Pêre, 10 ans sans aucune nouvelle de sa part, aucune manifestation. La vie avec ma mère et mon beau-père a été très dure. Ai-je besoin de me raccrocher à quelqu'un d'autre ? En tout cas j'ai besoin de réponses. Je veux retrouver mon Père. Ma grand-mère, Mamée, elle non plus n'a de nouvelles de son fils depuis 10 ans. Elle ne lui pardonne pas ce qu'il "m'a fait" dit-elle, mais je crois qu'elle souffre beaucoup pour elle avant tout. Avec ses encouragements je fais ma prospection et je trouve l'endroit où il travaille. C'est facile c'est un supermarché. Après 1 essai infructueux où il était absent, j'y retourne, ma grand-mère attends sur le parking. Elle préfêre ne pas le voir de peur d'être rejetée. Je rentre dans le magasin, je le vois et m'approche. Il me dit "ah ben enfin tu penses à moi c'est pas trop tôt". Choquée mais pas démontée je lui réponds" T'es pas culotté de me dire ça !" Il tremble comme une feuille et je vois bien que l'émotion lui fait dire n'importe quoi. Il m'embrasse et me demande si je vais bien, je lui dis oui et que j'aimerais qu'on passe un peu de temps ensemble. Il est d'accord et me propose d'aller déjeuner avec lui, mais il ne veut pas voir ma grand-mère. Alors je ramène Mamée chez elle qui n'est absolument pas surprise. J'ai mal pour elle mais je me dis que maintenant je vais peut-être pouvoir faire changer les choses. Et pleine d'espoir et de questions je prends la route pour voir ... mon Père, mon Père c'est incroyable. Est-ce que je peux lui dire "Papa" ? C'est un mot que je n'ai pas prononcé depuis tant d'années que j'ai peur que ça sorte mal. Mais je ne peux pas l'appeler autrement, c'est bien mon père, et donc "Papa"

 

 

(Suite dans le prochain article, pas de suite particulièrement heureuse comme dans les films de cinéma ne vous attendez pas à ça, mais là il est temps que j'aille travailler tout de même ;-D.... à bientôt)

Présentation
Anonyme... (33 ans)

... pas envie d'être décrite, pas envie d'être visible, pas envie d'apparaître. Un fantôme ? Une personne ? Une souris ou un chat ? Un vampire, une fée ? Un ange ou une diablesse ?

A vous de trouver, à vous de choisir ....

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