Revenir au point de départ, toujours... Sempiternellement, rejouer la même rengaine, encore et encore... Plus aucune surprise, plus aucune résistance, on en revient au même ; mais si le noir est toujours aussi profond, l'être s'adapte et enchaîne sans larmes cette fois...
On rêve d'autre chose bien-sûr, mais les rêves font mal. Trop mal, comme l'espérance mille fois brisée. Mais ce rêve que l'on se cache à soi-même, pourtant il reste là, tapis dans l'ombre, sournois et généreux pourtant. Jusqu'à ce qu'il devienne plus qu'un rêve, mais véritablement un besoin, un besoin vital même, pas une obscession car l'on n'y pense pas sans cesse, mais c'est là, en vous, comme la faim qui s'éveille et réclame son dû, ce rêve prend vie en votre corps et le met à la souffrance de ne pouvoir être assouvi...
Oui j'ai soif, j'ai soif de quelqu'un, d'un corps qui me réveillerait et m'envouterait, me ferait perdre raison et connaisance, m'envahirait de passion et de jouissance, me tuerait d'amour et me brûlerait de l'intérieur, me saoulerait de sa ferveur, me nourrirait de son odeur, m'ennivrerait de sa conviction et me ferait vibrer à en perdre raison....
Oui c'est mon rêve, je veux me perdre dans ce rêve, je veux qu'il frappe à ma porte et devienne réalité, et qu'il m'envahisse sans que je ne puisse mot dire, sans que j'en ai le choix, qu'il s'impose et s'oppose, me prenne et m'entraîne, me porte et m'emporte, m'utilise et s'enlise...
Je le veux, je le veux tellement, je le veux maintenant, j'en crêve de ne pouvoir le vivre, de ne pouvoir le trouver, je suis à lui, je l'attends, impatiemment, je le vis dans mes nuits, je le ressens dans mes jours, mon ventre l'appelle, mes seins le prient, mes mains le cherchent, ma bouche a faim, mes cuisses frissonnent et mes jambes se dérobent...
Toi que j'attends, qui que tu sois lis mon appel, lis mon appel et emmene moi, emporte moi, deviens mon rêve et redonne moi vie, de ta chaleur fais moi vibrer, de ta douceur fais moi planner, de ta passion fais moi... tienne ! Dans cet enfer bleuté que personne ne voit, dans cette jungle urbaine ou les hommes se perdent, dans ce monde trop triste et trop lisse, trouve moi... Trouve moi ! Par delà le temps et les éléments, trouve moi , trouve moi et soit mon Roi !
Je ne veux, je n'attends que toi....
Anonyme |