Bonsoir les Gens !!
Pour commencer cette année, j'ai envie de vous livrer un texte que j'ai écris il ya peut-être trois semaines, un soir de déprime et de noires pensées... Ce texte je l'ai écris à la main, et je devrais pour en respecter le sens plutôt le scanner que le retranscrire.. Mais non seulement je ne suis pas sûre que mon écriture soit compréhensible pour vous, mais surtout le format des photos que l'on peut télécharger est bien trop petit pour que cela soit utile...
Alors voici ce que j'ai écris, sans jamais lâcher ma plume des mains...
" Ecrire. Ecrire. Ecrire encore et encore. Ecrire sans rien dire. Ecrire juste pour le plaisir de voir la plume glisser sur le papier, ce doux bruit de petit chuintement inimitable, ses variantes attachées à chaque type de papier... Ecrire pour ne pas sombrer, se rattacher à quelque chose ne serait-ce qu'une plume, remplir cette page blanche à l'image de notre vie et de notre cœur si vides. La remplir, la remplir encore. Changer la couleur de l'encre parfois pour donner l'illusion de l'illumination, de changement de rythme, du sombre pour les déprimes, du rose pour les bonheurs. Enfin non pas ce soir. Juste un moyen d'exister. Seuls les écrits restent n'est-il pas ?
Alors continuer, continuer toujours. Ces mots sont mes battements de cœur, l'encre mon sang, chaque virgule est une artère, les majuscules sont mes os qui tiennent l'édifice, la ponctuation telle les points d'exclamation ou d'interrogation sont les expressions de mon regard, les points sont ce qui me relie à la terre et ainsi à la réalité, le tout forme ma conscience, mon âme, à l'abri dans les sinuosités électriques de mon cerveau.
Je n'aime pas écrire seulement pour le sens des mots, j'aime écrire aussi pour leur forme. Jamais je ne pourrais définitivement abandonner la plume pour le clavier. Les mots deviennent ainsi quelque chose d'artistique, pas seulement dans la matière, mais aussi dans l'apparence. Combien de fois ne nous sommes pas exclamés devant une écriture que l'on jugeait esthétiquement parfaite ? Il existe même une science de l'écriture qui par son étude explore les personnalités de tout à chacun et prétend nous décrypter ! Vrai ou non, l'écriture reste donc un support fantastique.
Je viens de me racheter une plume, le fait qu'elle glisse formidablement bien sur le papier me remplie d'une satisfaction indicible, à sa juste mesure, c'est presque un bonheur nouveau, et cela me donne l'envie d'ajouter toujours plus de mots, de créer encore d'autre lignes, cela en deviendrait presque jouissif....
Les mots sont le prolongement de la plume, la plume le prolongement de ma main, les mots et la plume sont donc un peu de moi, un peu de nous....Oui, écrire pour ne pas cesser le mouvement, pour ne pas cesser la vie, ne pas rester à subir telle une statue. Ecrire pour rien, même pas pour transmettre un message, ni se soulager de sa peine, ni échafauder ses rêves et fantasmes, ou autre plan d'avenir... Ecrire juste pour la beauté du geste, parce que dans cet état de vide que je ressens, c'est la seule chose belle que j'arrive à sortir, à faire. Parce qu'en étant seul on l'est malgré tout toujours moins ainsi. Oui, l'on s'adresse toujours à quelqu'un ou à quelque chose dans l'écriture, la solitude se voile ainsi, enfin, un peu...
Cela me renvoie à une pensée : peut-être est-ce pour cela que j'ai besoin d'écrire à des témoins de lecture (à travers un blog) et non juste pour moi. Car peu importe le fond, apprécié, adhéré ou critiqué, l'essentiel est qu'il soit partagé, donné... Il y a donc un échange, et dans cette activité solitaire, l'écrivain retrouve un peu de présence humaine, il n'est plus seul sur terre, il existe à nouveau, par procuration, enfin.... IL VIT !! Pourquoi ? Il ne sait pas, mais IL EST ! Il n'est plus transparent, il est matière. Matière. Matière. Matière, mais qui la touche ? C'est donc une dimension tactile, tactile oui mais c'est toujours moi qui touche la plume, qui touche le papier, qui trace et touche les mots... Moi...
Et soudain la cruelle vérité je la reçoit tel un boomerang : moi l'écrivain solitaire qui forme des mots sur le papier. Moi, ce corps vide, cette matière vide, et je ne peux alors éviter cette question qui détruit mes espoirs, mes élans de création, mes orgasmes picturaux... La question qui ne fallait surtout pas poser : MOI, ... QUI me touche ? "
Anonyme |