05h du mat'.
Je ne dors pas, le sommeil est parti avec lui... Je n'essaye même pas, je n'insiste pas, je laisse faire... Je m'étais endormie 2 heures sur le canapé, vers 23h00, toute imbibée de lui.. Je me suis réveillée, il était toujours là... Seule toute ma soirée devant la télé, à regarder sans regarder, à voir sans voir, entendre sans entendre.... N'attendant rien, ne sachant plus rien, étant là, c'est tout. Un corps posé là qui ne comprends plus très bien ce qu'il doit faire.... Pas faillir, non ça jamais, ni s'effondrer, trop de fierté, et puis simplement, je sais que ça ne changerait rien... Je souffre déjà tellement : ne pas s'en rajouter, je ne suis pas masochiste. Pas une larme ne coule. Juste, une fois de plus mais malheureusement et intensément une fois de trop... : le vide.
La colère m'a tenue un temps, elle sera toujours là à juste titre, mais j'espérais qu'elle occulterait toutes ces pensées que je ne peux cesser de lui accorder... Je ne veux pas y penser, je ne veux pas m'enfoncer, mais ces pensées s'imposent et s'amplifient de façon exponentielle, insidieusement, par delà ma volonté. Elles glissent et s'enroulent autour de moi jusqu'a m' ettouffer. Pourquoi cet amour est-il si fort ? Il m'a perdue mais il reste là constamment, m'enrobe dans une bulle permanente de souvenirs, de sentiments déchirés et d'incompréhension. Pour autant je veux lâcher prise, et c'est ce que je fais, je veux prendre ce qui vient sur mon chemin, tout ce qui peut m'aider et me faire oublier. Mais il reste là...
Peur d'écrire car je sais qu'il me lira, peur de marcher dans les couloirs et l'apercevoir, et peur de ne plus jamais l'apercevoir dans les couloirs.....
Je me relis et m'aperçoit que j'ai tord de parler de vide, car en fait je suis remplie de lui. Hélas je ne suis remplie que de lui... C'est un mauvais rève, une distortion de la réalité.. forcément... Comment cela serait-ce possible ? Non, pas lui, pas lui.... Mais je suis trop âgée et expérimentée pour me voiler la fàce, les raisons je ne les connais pas, mais c'est bien arrivé, c'est arrivé. Et je vis bien dans cette réalité.
Quelle étrange vie commence pour moi maintenant, j'avais tourné une telle page pour lui, j'avais tout cassé, mais finallement, je devrais tout refaire sans... Sans lui.. Mais comment est-ce possible ?? Pas lui, pas mon ange.. Mais si, c'est arrivé, c'est arrivé, de la manière la plus douloureuse qu'il eut pu trouver... C'est arrivé.
Aller voir mes amis, faire quelques courses, ne pas réussir à me concentrer sur mon travail, faire un peu (juste un peu car je n'ai plus de forces physiques) de rangement, ne pas retrouver l'appétit et s'en foutre royalement. Se foutre de tout en fait même, vivre et attendre que la journée passe, la nuit, la journée, la nuit.... Prendre des résolutions, vouloir faire du sport, et peur de le croiser. Le croiser, avec.... elle ! Plus moi...
J'étais auparavant le centre de toutes ces attentions, certainement d'autant plus qu'ils n'en donnent que très peu aux autres. Mais aujourd'hui, il m'a reléguée au rang des autres, je n'aurais droit je le sais qu'à la même indifférence, la même agressivité, le même dédain.
Envie de lui, tellement, à en crever, à sentir ses mains et ses lêvres me brûler, à constament voir ses images de nos corps enlacés devant les yeux.. A entendre ses dernières paroles lorsqu'il me faisait l'amour "Tu m'as trop manquée, je t'aime". Elles non plus ne veulent pas me lâcher, elles s'agrippent à moi comme pour me rappeler sadiquement combien c'était parfait, à quel point c'était doux, fort, bon, chaud, profond, jouissif n'ayons pas peur des mots ! Sa bouche que je sens fondre dans mon cou, sur mes seins, sur mon tatouage que je l'ai vu délicatement embrasser comme s'il retrouvait un diamant perdu... Sa jouissance que je n'avais jamais sentie si spontanée et si forte, son étreinte qui m'ennivre et me tue... Ses baisers éperdus qui me manquent tant...
Oui quelle vie étrange commence pour moi... Rien ne me paraît vraiment avoir de goût ou de saveur, est-ce d'ailleurs pour cela que je ne mange pratiquement plus ? Plus d'envie sauf lui. Mais je vis, je marche, je conduis, je respire, je souris même encore, enfin j'essaye, des millions de gens sur terre n'ont pas cette chance. Etre esclave de ma force et des promesses que je me suis faite : ne jamais flancher, plus pour personne. La tête haute, l'esprit ouvert aux autres, mais plus à moi... Ne pas flancher ok, gêrer ok, mais la douleur, la douleur.... je l'ai perdu, il m'a perdue, et je me suis perdue moi-même....
Lâcher prise... J'ai pris une telle conscience de cette expression ces dernières années et je ne l'applique que trop bien à présent. Mais à l'intérieur, dans mon coeur, dans mon corps, dans mon ventre, rien ne change vraiment... Il est toujours là..
Bref, une nuit j'imagine comme j'en passerai d'autres désormais. Ma nouvelle vie, étrange nouvelle vie toute vide et dénuée de sens profond, enfin de celui qu'il en donnait... Ah tiens, je vois le jour se lever, une nouvelle journée....Une nouvelle étrange journée... Toujours plus difficile le WE... Tout le monde le sait ! Quoi faire aujourd'hui ?? Je ne sais pas, encore, envie de rien sauf lui...
Quoi faire ? Monter me coucher ? Me shooter pour m'aider ? M'allonger dans ce lit trop rempli de lui ? Je n'en sais rien, je ne sais plus. Je tourne en rond, je le sens mais quand je me retourne il n'est pas là, non, il est avec elle ! Elle qui ne sait pas...
Non ne pas parler d'elle, oublier ça, ne pas me faire mal.... Mais j'ai si mal ! Non je tiendrai, je ne flancherai pas, jamais, envie de ses bras Mon Dieu, ne me sentir vivante qu'en cet endroit... Envie de ses bras....
Oui me shooter et oublier pour le moment, un peu de répit., juste un peu....
06h20 du Mat';
Non je ne dors pas. Le sommeil est parti avec lui, et mon coeur aussi......
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