Autre tranche de vie, autre histoire.....
J'ai 11 ans.
Je vis dans un appartement situé dans ces grands immeubles des "villes nouvelles" de l'Essone. Je suis seule, comme toujours pendant les vacances. Maman est remariée pour la 2ème fois, mais elle ne veut pas dépendre de l'argent des autres, alors elle n'a pas vraiment les moyens der m'offrir des vacances loin d'ici. Je n'en souffre pas, étant à la base enfant unique de parents divorcés lorsque j'étais très jeune, je suis habituée à la solitude. De plus, mon beau-père nous a offert l'un des tout premiers magnétoscopes existants sur le marché ce qui pour l'époque n'était pas banal. Je suis devenue très vite une accroc de vidéos et je passais mon temps à ça en télévore addict qui se respecte.
Mon beau-père a 2 enfants, bien plus âgés que moi, ils ne vivent pas avec nous. Une fille de 10 ans mon ainée avec qui je n'ai que très peu de liens. Je ressens sa jalousie à mon égard pour son père qu'elle adule come un Dieu. Le plus ettonant c'est que son père et moi n'avons jamais été proches, enfin pas jusqu'à mes 22 ans, bien au contraire... Bref, il a aussi un fils àl'époque âgé de 17 ans. Lui je l'aime beaucoup. Il est gentil, souriant, Maman laime beaucoup aussi. Mais je ne le connais pas très bien je crois, pourtant cela fait déjà quelques années.... Enfin je ne sais pas. C'est bizarre....
Je ne sais quel jour nous sommes, mais il fait beau ça j'en suis certaine. Peut-être est-ce les vacances de Pâques...? J'attends le retour de Maman avec impatience. Comme tous les soirs. C'est un des rares moment où je peux me retrouver seule avec elle, et partager un peu de douceur. Et bien oui la vie est très dure depuis l'arrivée de mon beau-père. Il est dur, distant, il crie toujours même quand il ne fait que parler. Ces derniers temps il me gronde tous les jours pendant le dîner, et moi je ne comprends pas. Alors je commence à pleurer, puis comme chaque soir je ne tiens plus je me lêve de table pour aller pleurer seule dans ma chambre. Je n'aime pas la vie depuis qu'il est chez nous. Il est njuste et maman ne fait jamais rien pour me défendre, je suis tellement triste. Alors je fais semblant d'aller bien car je comprends que c'est ce que tout le monde attends de moi, et puis je ne veux pas que maman ait de la peine... Il n'y a que mon "Grand-frère" il me semble que j'aime vraiment à cette époque là..... Enfin il me semble, c'est flou je n'arrive pas à bien me souvenir....
Donc ce soir encore j'attends ce moment privilégié avec elle. J'entends la serrure. Mince elle rentre drôlement tôt !! Je n'ai même pas tout rangé et j'ai mis du désordre partout !!! Je me précipite au devant d'elle comme quelqu'un pris en faute et qui veut donner le change, espérant créer une diversion pour me donner le temps de ranger vite fait et ne pas me faire gronder. Maman n'aime pas quand c'est le bordel, et d'après elle je suis une "hyper-bordélique", je crois bien qu'elle a raison...
Donc j'accoure, mais c'est bizarre, elle n'est pas comme d'habitude. Je sens tout de suite que quelque chose ne colle pas. Je lui demande si tout va bien mais elle pretexte un mal de tête et une grosse fatigue. Alors moi, toute contente d'y voir une occasion de gagner du temps pour trouver une solution et cacher mon désordre sans qu'elle ne voit rien, et aussi parceque je veux aider ma mère, je lui propose d'aller chez notre médecin de famille qui par chance consulte dans le même immeuble. Elle accepte . Wouaouuu c'est moi qui ai proposé ça comme une grande et ma mère accepte mon conseil !! Je me sens très fière et si heureuse de pouvoir prendre soin d'elle. Alors je mets ma robe préfêrée, rouge et grise, je l'aime parceque quand je tourne, elle se soulève et fait comme des pétales autour de ma taille... Mais maman change d'avis, elle est vraiment étrange ce soir, elle me dit de venir dans le salon avec elle ,elle a quelque chose à me dire...
Elle est assise sur notre vieux canapé en velour beige. Elle voit le désordre mais elle semble s'en ficher complêtement. Je reste debout devant elle. Je sens que quelque chose de grave se prépare mais je ne veux pas y croire. Je la vois chercher ses mots, puis d'une voix douce elle me dit "on ne verra plus Nano".. Heu qui c'est Nano ? Pourquoi ne verra t-on plus ce Nano ? Qui c'est Nano ? Je lui demande, comme si je refusais de comprendre. "Tu sais bien qui est nano ma chérie, yannick, ton grand frêre". Mais là encore je ne comprends pas. Pourquoi, il est parti ? Il ne veut plus nous voir ? Il est fâché ? Quoi ??? Et là le couperet tombe... "Il a eu un accident de voiture, un camion les a percutés......." Je sais qu'il y avait d'autres mots ensuite dans sa phrase, mais je ne les ai pas entendu, c'était inutile, j'avais compis. Aussitôt je me suis effondrée sur elle en pleurant de douleur comme ça ne m'était jamais arrivé avant. Je pleure je pleure je pleure je ne peux plus m'arrêter. Mais pour autant je ne comprends pas très bien ce qu'il se passe, mais j'ai tellement mal, ça j'en suis sûre... Je me fond dans les bras de ma mère, et je crie, je pleure si fort, si fort...... maman pleure aussi je crois, mais jai du mal à me souvenir. Nous restons comme ça bien une heure..... Puis je me calme, j'essuie mes larmes, je me lève. Je vais chercher du papier et des crayons dans ma chambre, je m'installe sur la table du salon, et je me mets à dessiner.... Maman un peu surprise et inquiète me demande "ça va ma chérie ?". Et je lui réponds avec un gand sourire, "ben oui maman ça va très bien pourquoi...?" Je ne me souviens plus du reste, et je n'en nai plus jamais reparlé...
Quelques jours se sont passés. Je suis au travail de Maman, enfin il faut savoir que dans ma famille, presque tout le monde travaille ensemble. Même si je m'ennuie souvent j'aime aller là-bas, c'est comme ma maison. Maman discute avec une collègue. C'est étrange cette façon qu'ont les adultes de parler de vous comme si vous n'étiez pas dans la même pièce. Je sens bien qu'ils parlent de la mort de mon demi-frêre, et j'entends la collègue dire "Oh mon Dieu la petite ?? Comment a t-elle réagit ?" Mais pourquoi ce serait dur pour moi ? Je ne connaissais pratiquement pas ce grand frêre, non je ne crois pas que nous nous soyons beaucoup fréquentés, et puis on a jamais vécu ensemble. Je ne comprends pas.... Je me souviens juste que quelques heures après je dis à Maman : "Je ne veux pas aller à l'enterrement", ça m'a fait mal de dire ça mais je ne sais pas pourquoi, je ne me sentais pas la force d'affronter ça. Maman me réponds que si c'est ce que je veux il n'y a aucun problème. Là encore, bien que soulagée, sa réaction me surprend.
Après ça, hormis quelques faits ponctuels, je n'ai plus jamais parlé de lui, je crois que je n'y ai pratiquement plus pensé, après tout je ne le connaissais pas.... Une fois seulement je me souviens que j'ai dis à une copine d'enfance à son oreille (parceque maman était là et je savais qu'elle m'envoyait en vacances chez eux à cause de cet évênement), un peu nerveusement et en explosant de rire que mon demi-frêre était mort. Elle m'a dit sans rire 'oui je sais". Puis je n'en n'ai plus jamais reparlé...
Tout au long de mon adolescence l'on me posa parfois quelques questions sur ce frêre que je n'avais pas connu, à chaque fois j'avais beau fouiller dans ma mémoire mais rien ne venait, je suppose donc que je ne l'ai réellement pas connu...
J'ai 18ans,
Comme tous les étés je passe un mois de vacances à travailler dans l'entreprise familiale. Nous tenons la caisse ma mère et moi ce qui fait que tous les jours nous passons plusieurs heures seules toutes les deux. Nous discutons beaucoup, j'apprends du fait énormément de choses, parfois tragiques, sur sa vie, sur nos vies... Elle doit certainement considérer que je suis en âge de "savoir" et le moment propice....
Un matin, une palette de fruits se renverse devant la caisse (nous travaillons sur le MIN de Rungis dans les fruits et légumes), et là ma mère me dit. Ah tiens ça me rappelle un super souvenir à propos de toi et ton frère !! Hein ??? Mais qu'est-ce qu'elle raconte ? Quel frêre ? Ah Yannick ? Mais je l'ai à peine connu...
Là elle me dit "Comment tu peux dire ça ??!" Hein ?? mais qu'est ce qui lui prends je ne dis que la vérité. "Ton frère et toi vous étiez comme les 2 doigts de la main". Alors là c'est trop pour moi, de quoi elle parle ?? Je n'aime pas ce qu'elle est en train de dire, mais je veux aussi en savoir plus, je la laisse continuer. "Vous étiez tout le temps fourrés ensemble dès que cétait possible, il s'occupait vraiment bien de toi. Cette histoire de palette par exemple : un jour Il a renversé toute une palette d'abricots en travaillant, et toi tu t'es précipitée vers moi absolument esclaffée de rire en te moquant de lui : maman maman Nano il a fait une grosse bêtise il a tout renversé. Et lui rentrant dans ton jeu faisant semblant d'être vexé. Alors tu t'es sentie tellement coupable que tu t'es précipitée pour l'aider à tout ramasser, vous étiez si bien ensemble...."
Je ne peux en écouter davantage, mais pour autant elle continue et je ne dis rien. Je suis paralysée, je ne comprends pas très bien ce qu'il m'arrive. Elle me raconte tout un tas d'autres anecdotes, me dit combien elle était heureuse de voir comme il m'aimait et s'occupait de moi tout le temps. Il était très prévenant avec elle et moi, ce que sa soeur n'a jamais fait bien au contraire. Bref, à l'entendre on jurerait que j'étais vraiment sa petite soeur et que je l'aimais plus que tout. Mais je ne peux y croire, je nai aucun souvenir de cela. Je me tais comme si j'en avais honte. Toute la journée j'essaye de fouiller dans ma mémoire, mais rien, absolument rien ne sort. Pourtant j'ai tous mes autres souvenirs de cette époque, je me souviens de tout le reste, 11 ans ce n'est pas un âge trop éloigné pour que j'oublie à ce point. Non rien à faire, je me souviens de tout sauf de lui...
Alors pendant des années, je cherche, je regarde des photos. Je sens bien quand je vois son visage qu'il y a quelque chose qui nous lie, mais c'est peut-être aussi bien mon imagination... Ma volonté de vouloir à tout prix y retrouver ce lien qui n'existe plus pour moi.
Depuis je suis très perturbée. Je crois avoir réglé tout ce que javais à régler avec ma famille, même avec mon père dont il faut encore que je raocnte la fin de l'histoire d'ailleurs. Mais ça, ce seul point là, je n'arriverais jamais à le percer à jour et à le résoudre, et c'est plus qu'une frustration, c'est un crêve coeur infini.... Plus le temps passe, plus je vieillis et je sens cet amour pour lui monter en moi, mais pour autant les souvenirs ne reviennent pas. Ai-je tout éludé consciemment pour ne pas souffrir , pour me protéger, comme ça en quelques secondes ? C'est ce qu'un psy un jour a voulu me faire comprendre. Oui sans doute, ce serait logique, mais n'est ce pas aussi juste un argument pour me rassurer ? Peut-être ne l'aimais-je pas assez fort ? Je ne sais plus
J'ai eu ce que je souhaitais le plus au mon dans cette période de ma vie où tut était moche : un grand frêre qui m'aimait et prenait soin de moi, et au comble du malheur je n'en n'ai absolument aucun souvenir, pour moi cela n'a jamais existé. Ca me fait mal, ça me fera toujours mal et hélas je crois que je ne trouverais jamais les réponses à ces questions là, sauf que lorsque j'ai eu 11 ans, mon demi-frêre de 17 ans s'est tué dans un accident de voiture, la pluie battait très fort, la nuit, ils ont été percutés par un camion. So ami qui conduisait n'a rien eu. Lui, passagé, s'est vu ejecté de la voiture par le pare-brise avec la force du choc, je ne sais pas s'ilavit sa ceinture ou non. Parait-il qu'il est mort sur le coup et qu'il n'aurait pas souffert.....
C'était le seul lien positif de cette famille, le seul qui tempérait tout et tout le monde et semblait pouvoir faire de nous une vraie famille, mais il est mort. Sans lui nous avons bien mis 15 ans avant d'y arriver et d'être vraiment tous unis.....
Il me manque. Je ne le connais pas mais il me manque intrassèquement, au plus profond de moi, une déchirure. Mais hélas et c'es mon plus grand malheur, il manque aussi et surtout .....à ma mémoire !!!
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