La nuit, mon salon plongé dans le noir, une bougie aux senteurs de pain d'épices allumée comme pour essayer de réchauffer mon atmosphère, moi tout juste sortie de ma douche, encore mouillée et enroulée dans ma serviette.... Dans ma douche j'y suis restée des heures, assise dans le bac, laissant toute l'eau d'en haut couler sur moi. J'adore cette sensation, ces gouttes chaudes et lourdes qui coulent à flot sur mes cheveux longs, me cachant ainsi à moitié le visage, sur ma nuque quand je cache ma tête entre mes genoux, sur mes jambes quand je m'adosse au mur.... Je regarde et ressent l'eau couler et je laisse mes pensée s'évader, des heures et des heures et des heures....
Hélas mes pensée aujourd'hui ne sont pas sereines et encore trop entachées du monstre qui continu de me poursuivre malgré son absence... Quand je crois que j'ai passé un cap et que je commence à m'en sortir, il revient à nouveau en force, aussi sournoisement qu'il a pu me manipuler. Il est comme la maladie que je combat chaque jour, mais je vous assure que je vis mieux avec elle qu'avec lui dans mes pensée et dans mon coeur, quand bien même elle me fait souffrir et me diminue physiquement.. Elle n'est rien en comparaison du poison qu'il a mit dans ma vie....
Je vois mes vacances arriver avec une angoisse grandissante. 3 semaines à partir du 15 septembre, et aucun projet ne semble se maintenir... Ce qui me fait peur ? Me retrouver sans rien de concret et m'enliser dans ce carcan de pensées malsaines : je me vois prendre un billet d'avion pour faire ces milliers de km et le rejoindre, juste pour pouvoir lui parler et enfin mettre des mots sur tout ce mal infligé, ce gâchis, et peut-être ensuite enfin reprendre le cours de ma vie... J'ai passé l'après-midi à regarder les tarifs des avions, des hôtels, des locations de voiture... Je me fais pitié à moi-même de réagir ainsi. Vous comme moi d'ailleurs pensez certainement que c'est la dernière chose à faire, je ne vous donne pas tord. Alors je ne cesse plus de me battre entre cette idée et la raison, je suis dans un stress permanent, finalement, ce sont toujours les batailles contre soi-même qui sont toujours les plus difficiles...
Puis à trop penser à lui d'autres angoisses me viennent et m'opressent au point d'en avoir mal dans la poitrine. Il a tous mes contacts msn, il a déjà piraté ma messagerie, hors cela fait déjà deux amis qui ne m'adressent absolument plus la parole, sans aucune raison apparentes. Ces personnes m'ont bloquée et ne répondent ni à mes mails, ni à mes textos, ni à mes appels... Je commence à douter : et si cela venait de lui ? Si c'était lui qui s'est adressé à eux en se faisant passer pour moi et leur racontant je ne sais quoi d'affreux ? Il en es capable, j'en suis certaine...
Il a comme beaucoup d'amants passionnés des photos de moi nue... Pendant longtemps je m'en suis totalement fichue, même s'il les diffusait et alors ?? Je n'ai pas à avoir honte de ce que je suis car je suis comme tout le monde, et si je fais de l'éffet à un homme, je sais que j'en fait à d'autres, et pourquoi devrais-je en rougir ?? Je ne suis pas impressionnable. Mais une idée plus répugnante m'est apparue tout à coup : s'il usait de ses photos pour s'adresser à mes amis je ne sais dans quel sens, comment pourraient ils douter qu'il s'agisse bien de moi ? Alors là oui j'ai peur, et mon angoisse augmente... Je crois cette personne capable de telles ignominies, et pourtant je ne pense actuellement qu'à prendre l'avion pour le rejoindre...
Le syndrome de stockholm comme je le dénonçais dans un de mes poèmes est bien présent, et c'est bien le mal dont je n'arrive à me remettre malgré le fait que j'en connaisse l'existence... J'ai quitté ce monstre, j'ai fais deux fausses couches par sa faute, j'ai subi ces mensonges et manipulations, son goût du jeu et mon argent qu'il perdait, son indifférence quand j'étais au plus mal... Et aujourd'hui c'est moi qui ne pense qu'à partir là-bas.... Oh bien-sûr je ne veux pas partir pour reprendre une si sordide histoire, et je ne me fais non plus aucune illusion sur le fait d'avoir été rapidement remplacée, mais ça m'est complêtement égal tout cela, je veux juste lui parler. Lui parler, ou assouvir ma vengeance ? Lui parler d'abort, le reste je verrais ensuite....
Qu'il doit rire de moi de me savoir dans cet état, car j'en suis convaincue il le sait, il le sent, il m'attends même peut-être pour m'humilier un peu plus et se venger lui de moi, d'avoir osé le quitter...
Il me reste un ami là-bas hélas proche de lui, j'ai peur aussi qu'il le retourne contre moi, car il ne me répond plus non plus, l'a t-il manipulé lui aussi ?? J'avoue c'est une raison de plus qui fait que j'ai envie de me rendre là-bas, pour pouvoir me défendre et plaider ma cause. Je n'en reviens pas d'écrire cela, c'est abérant quand on pense au mal qu'il a fait et tout ce que moi en retour je lui ai donné. Comment pourrait-on croire que je sois la coupable dans l'histoire ? Dailleurs coupable ou non n'est pas le terme correct, et au fond qu'est ce qu'on s'en fiche puisque personne ne peut réellement savoir... Oui mais je n'ai pas envie qu'il entache le peu de belles choses qui me restent...
Quoi faire ? Partir ou rester ? Cette question me hante et je dois puiser dans mes forces cachées pour ne pas appuyer sur le bouton "commander" lors de mes recerches de tarifs de billets sur internet... J'ai peur de ne pas réussir à résister. Si encore j'étais sûre que cela m'apporterait le salut. Mais j'ai bien peur que ce ne soit pas si simple...
Enfin, me voilà de retour dans l'incohérence de mes sentiments, et surtout la pitoyable et sempiternelle lamentation de mon âme. Pardon de vous infliger cela encore. J'en suis là, nulle part, ce néant toujours qui m'habite. Une personne aurait pu me faire oublier tout cela, j'avais promis de ne plus parler de lui d'ailleurs, mais il a été si odieux et m'a replongé de plus belle dans cette routine infernale et ce trou sans fin ... Vous savez ce puit sans fond, le tourbillon de vos pensées les plus noires qui vous emportent si loin les les méandres malsaines de vos peurs et de vos douleurs... Vous savez, quand les démons reviennnent...
Anonyme |