Poser son regard sur le monde mais être détachée
N'être que spectateur de sa vie là passée
Vivre dans le silence et avec le sourire
A l'intérieur un peu plus chaque jour mourir
Dire bonjour, au revoir et enfin s'endormir
Un nouveau jour se lève mais pas mon avenir
Prononcer les bons mots, ce qu'on attends de vous
Mais en secret vouloir un tout autre "chez nous"
Recommencer chaque jour, ainsi voir et entendre
Donner, parler, respirer, mais ne plus rien comprendre
A défaut de savoir, devenir un automate
Attendre que ça se passe, mais avec tant de hâte
Pour la première fois désirer que le temps passe vite
A ma vie d'aujourd'hui y'aura t-il une suite ?
A mon histoire du jour connaitrai-je la fin ?
Ou resterai-je ainsi me foutre des lendemains ?
Dehors souffle le vent comme vivent les gens
Dedans tout est trop calme pas même une seule larme
Une poupée de bois, un jouet pour grand enfant
Qui dit non qui dit oui, qui a perdu son âme
Ne reste de vivant dans cette fausse apparence
Qu'un organe malheureux, loin de son évidence
Une petite once de vie cachée dans son linceul
Un coeur si grand, bien trop grand pour UN seul
Mais le monde n'est pas fait pour ces coeurs trop aimants
Aucune compréhension ni tolérance aidant
Je me noie dans ma vie comme dans une marre de boue
Ma tête hors de danger, mes jambes je ne sais où
Alors je reste là, attendre que ça se passe
Lacher prise oublier les doutes qui menacent
Et se laisser guider sans savoir ni vouloir
Devenir cette poupée et perdre mes espoirs
Continuer sans crier à marcher dans le noir...
Anonyme |