Il y a des jours comme aujourd'hui où tout est gris. Pas un mot ne vient, pas une pensée cohérente ne traverse mon esprit, je me sens fade et inutile, une boîte craniène pleine de vide, un petit Néant dans mon cerveau. Où sont mes jolies images, où sont mes idées bien claires ? Où est ma raison d'être, mon inspiration ?
Il ya des jours comme aujourd'hui où je me deteste. Je me fais honte, je ne m'aime pas. Vide de sens et vide de tout, et que fais-je de mon corps pour remplir ce vide ? Je le gave comme une oie, combien de fois n'ai-je ouvert la porte du frigo ? Combien de fois n'ai-je ingurgité tout ce qui est mauvais pour moi ? Ni grosse ni obèse je suis, plutôt normale et même mince pour certains. Pourant je peux basculer tellement vite je le sais. Je peux sentir physiquement chaque cellule graisseuse de mon corps se remplir et se remplir encore, mes hanches se chauffer, ma peau se dilater, mon corps me trahir et se moquer de moi, et devenir énorme... Je me hais
Je suis même incapable d'expliquer, je hais tout ce que j'écris depuis quelques jours, mes mots sont insipides et dénués de toute pertinence. Je me donne moi-même envie de vomir, je voudrais frapper mon corps si violemment qu'il disparaisse enfin.
Mais regardez-là cette pauvre fille, se plaindre et geindre sur son sort quand les vraies douleurs sont bien ailleurs. Se plaindre de quoi ? Geindre sur quoi ? Le dégoût seul me définit aujourd'hui. Rien de bon à prendre, laissez tout, laissez la choir dans un coin, errer comme une âme qui mérite son sort. Crachez-lui dessus, faîtes lui mal. Insultez-là, donnez lui des coups. Fort s'il vous plait, encore plus fort, toujours plus je ne sens rien !!!! Pitié détruisez-moi, malmenez-moi, brisez-moi, faîtes moi mal...
Par Pitié, tuez-moi que je me sente vivante enfin.....
Mais non je n'aurais pas de salut cette nuit. Je voudrais planter des couteaux dans mes cuisses, creuser dans ma chair et enlever ce qu'il y a de trop. Je voudrais qu'on les roue de coups, encore et encore et encore.... jusqu'à ce que la douleur remplace enfin le dégoût et l'inssuportable abération.
Je ne suis rien, je ne suis rien , je ne suis rien, qu'un amas de chair nauséabond que l'on devrait jeter aux ordures. Ne vous attardez pas sur moi, jetez-moi sous un train, oui quelque chose de très violent. Non faites moi crever de faim avant, enchaînez moi et faites moi crever de faim, que mon corps redevienne mince, en tout cas comme je l'aime, que dans la mort je sois un petit peu jolie, et ensuite oui tuez moi, comme vous le souhaitez mais de manière violente. Très violente. Peut-être irais-je retrouver mon ange partis trop vite. Non, je n'en suis même pas digne, crever ici à petit feux et à l'état de charogne est la seule rédemption acceptable........
Oui battez-moi violemment, je ne supporte plus mon corps. Et la douleur des coups arrivera t-elle ainsi peut-être à passer au-dessus des autres douleurs : celles de la maladie, celles de l'âme, celles des autres....
Par Pitié...... Tuez-moi que je me sente encore vivante....
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