Je ne vais pas mal, aucun évênement particulier ne s'est produit, la vie est la même que ces derniers jours, ni mieux ni pire, ça va.... Et pourtant.... Et pourtant... Je me sens vide ce soir, vide de sens, vide de motivation, vide de sensations, vide de vie..... Je pourrais pleurer de tristesse mais aucune larmes ne sort, mon âme est sèche, mon corps inerte.
Je me sens tout aussi détachée que meurtrie par l'environnement qui m'entoure, je suis le buvard et le miroir en même temps, je ne sais basculer ni d'un côté, ni de lautre.... Ma tête me fait mal, mais mon coeur bat lentement. Mon ventre se serre mais ma respiration est calme. Je suis fatiguée mais le repos n'est pas prèt à venir me rejoindre.
Votre vie peut se rallumer par une si petite étincelle, mais hélas peut se rééteindre aussitôt si celle-ci n'est pas entretenue, si celle-ci n'a pas eu le temps d'allumer une plus grande flamme. La déception alors prends place, une fois de plus..... Et c'est à ce moment, au retour de la case départ, que vous ressentez à nouveau le vide, plus grand que jamais, trop familier.
Il revient sournoisement, doucement et vous murmure à l'oreille "Je te l'avais bien dis, pourquoi ne m'as tu pas écouté ? Comment as-tu pu croire encore cette fois que tu aurais le droit de me quitter comme cela et me remplir de bonheur à la place, et surtout d'espoir ? Et bien paies en le prix fort ma belle et fidèle compagne, quoi que tu fasses je ne te quitterai pas, et l'espace que je prends sera d'autant plus grand à chacun de mes retours...."
Oui, finalement, après les années et la douleur maïtrisée ce n'est plus la souffrance qui prend toute la place, mais c'est bien le vide. Le vide, intemporel, indéfinissable, lancinant, qui vous fait sentir encore moins vivante que lorsque vous souffrez réellement.... Le vide, comme un moyen d'oublier que vous exister, ou plutôt, non c'est faux. Oublier que vous existez serait encore trop doux, le vide vous fait prendre conscience de tout votre être en son entier et de par le fait de toute son inutilité, oui c'est encore plus pervers...
Mais sa réelle perversion je crois, est de lui-même se retirer régulièrement comme pour mieux se jouer de vous à son retour. Point de plaisir pour lui à vous torturer si vous ne savez ce qu'est vivre sans lui, si vous ne savez un jour la richesse du bonheur, de l'espoir, de l'amour.....
Voilà une autre journée, voilà une autre nuit, dénuées à nouveau d'espoir, le vide est là et gagne la partie ce soir.... Oui il est là, et gagne la partie ce soir.... Ce soir.... |